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  • L’œil d’émeraude

    L’œil d’émeraude

    Au delà des mers, au delà du sable, là

    où se dressent dans la poussière les colosses oubliés,

    parmi les ruines du soleil

    s’abandonne l’œil d’émeraude.

    Il est au milieu des multitudes dans une seule parole. Il est est prémonition de toutes les sensations. Il est réminiscence des abondances antiques, et l’oubli de la soif. Il est vie dans la mort.

    Nombreux sont ceux partis à sa recherche qui ne sont jamais revenus, effacés laissés ombres, balayés par le sel et les vents, rendus fous par les chants insondables des vautours ou brûlés par une hâte quelconque.

    Mais viendra un jour l’homme aveugle à la peur, qui perdra nom, visage, bras et jambes et saura tendre à la lumière

    toute son absence.

  • Le lotus de cristal

    Le lotus de cristal

    Je voudrais me réveiller.

    J’ai dormi tout le jour, dans un oubli de pétals noirs. Dormir est un bien grand mot. Je suis plutôt tombé, aveugle à moi-même, au milieu de rêves absents, dans des abîmes sordides de ma psyché ou d’un autre.

    Au détour d’un vertige, dans les murs mains eraflées et doigts meurtris : je pris peur. J’ai essayé de crier mais, seules des larmes, et des araignées sont sorties de ma bouche. Je crois alors m’être évanoui en mon ombre, ou quelque part, en tout cas une partie encore inconnue du diable.

    Tout y était : déserts, arbres morts, solitude mais le bruit des bombes, et ricanement pestilentiel du vent, soleil aigre et phosphore, mouches de plomb. Que faire si ce n’est avancer encore dans mon exil ?

    Je voudrais me reveiller, mais dans mon crâne une voix désincarnée résonne, comme acariâtres les mille cris de l’oiseau, et dont les relents poussières me déforment déjà et me font maigrir.

    Elle m’enjoint de la rejoindre, pour trouver le défunt diamant, le lotus de cristal.

    Il me faudra gravir la dune, mourir et naître à chaque pas,

    et traverser

    un tunnel dans un tunnel.