Je voudrais me réveiller.

J’ai dormi tout le jour, dans un oubli de pétals noirs.
Dormir est un bien grand mot. Je suis plutôt tombé, aveugle à moi-même, au milieu de rêves absents, dans les abîmes sordides de ma psyché.

Au détour d’un vertige, mains eraflées et doigts meurtris, j’ai pris peur. J’ai essayé de crier mais, seules des larmes et des araignées sont sorties de ma bouche. Je crois alors m’être évanoui en mon ombre, une partie encore inconnue du diable.

Tout y était : déserts, arbres morts, solitude mais le bruit des bombes, ricanement pestilentiel du vent, soleil aigre et phosphore et mouches de plomb. Que faire si ce n’est avancer encore dans mon exil ?

Je voudrais me reveiller, mais dans mon crâne une voix désincarnée résonne, comme acariâtres mille cris d’oiseaux, et dont les relents poussières me déforment déjà me font maigrir.

Elle m’enjoint de la rejoindre, pour trouver le diamant défunt.

Il me faudra gravir la dune, mourir et naître à chaque pas,

dans l’Oeil Goguenard, un tunnel dans un tunnel.